Entre les eaux salées du lac Eyasi et les falaises de la vallée du Grand Rift vit un peuple unique au monde. Les Hadzabe, ou Hadza, sont l'une des dernières sociétés de chasseurs-cueilleurs d'Afrique. Ils vivent de l'arc, du miel sauvage et des fruits du baobab, comme leurs ancêtres depuis des millénaires.
Les rencontrer, c'est faire un voyage dans le temps, et découvrir un mode de vie qui force le respect. À condition de le faire avec humilité. Voici tout ce qu'il faut savoir, avec l'éclairage de nos guides et de chercheurs qui les étudient depuis des décennies.
Les Hadzabe en bref
Les Hadzabe sont un peuple d'environ 1 000 à 1 500 personnes qui vit autour du lac Eyasi, dans le nord de la Tanzanie, près du cratère du Ngorongoro. Ils parlent le hadzane, une langue à clics considérée comme un isolat, et font partie des derniers chasseurs-cueilleurs d'Afrique. Une visite, organisée avec la communauté, se fait tôt le matin et s'intègre facilement à un safari dans le Nord.
Qui sont les Hadzabe ?
On estime aujourd'hui les Hadzabe à environ 1 300 personnes, vivant dans les collines rocheuses et les vallées arides à l'est et au sud-ouest du lac Eyasi. Les peuples voisins les reconnaissent comme les habitants originels de la région. Génétiquement, comme les Bushmen d'Afrique australe, ils appartiennent à l'une des plus anciennes lignées de l'humanité.
Leur territoire se trouve à deux pas du Serengeti, dans l'ombre du cratère du Ngorongoro, et non loin des gorges d'Olduvai, l'un des sites préhistoriques les plus importants au monde, inclus dans la zone du Ngorongoro classée par l'UNESCO. Tous ne vivent plus de la même façon : sur environ un millier de personnes, quelque 300 sont nomades et tirent plus de 90 % de leur nourriture de la chasse et de la cueillette, tandis que les autres vivent dans des camps semi-sédentaires proches des villages.
Le hadzane, une langue à clics unique au monde
Les Hadzabe parlent le hadzane, une langue longtemps rattachée aux langues khoïsan d'Afrique australe à cause de ses clics, mais aujourd'hui considérée comme un isolat : elle n'a aucune parenté démontrée avec une autre langue. Ses clics, produits par un mouvement de succion de la langue, ne sont pas rares : ils font partie de la structure même de la langue.
Le hadzane n'est pas écrit et n'est enseigné dans aucune école : les enfants l'apprennent en famille. La plupart des Hadzabe parlent aussi le swahili comme deuxième langue. Quelques mots de swahili vous seront donc utiles : voir notre guide du swahili pour les voyageurs.
Chasseurs à l'arc et cueilleuses : une vie tirée de la brousse

La chasse et le miel
- Arcs et flèches fabriqués à la main
- Petits et grands gibiers chassés à l'affût
- Miel sauvage récolté dans les baobabs
- Feu allumé par friction d'un bâton
La cueillette
- Tubercules déterrés au bâton à fouir
- Fruits du baobab et baies sauvages
- Connaissance fine des plantes et des saisons
- Partage de la nourriture au sein du camp
Chaque jour, les membres du camp décident où chercher leur nourriture en observant le territoire et en échangeant leurs observations. Certains arbres à miel sont récoltés par les Hadzabe depuis des siècles.
Le pacte millénaire entre les Hadzabe et l'indicateur
C'est l'une des plus belles histoires du monde naturel. Un petit oiseau, le grand indicateur, guide les chasseurs jusqu'aux ruches sauvages. Il les appelle, ils lui répondent en sifflant, et l'oiseau vole d'arbre en arbre en les attendant, jusqu'à un nid d'abeilles souvent perché dans un vieux baobab.
Une fois le miel récolté, les Hadzabe laissent la cire et les larves à l'oiseau, qui n'aurait jamais pu ouvrir la ruche seul. Une coopération entre l'homme et un animal sauvage, transmise de génération en génération, que décrit notamment Survival International.
Une société sans chef, fondée sur le partage
Les Hadzabe vivent en camps d'environ 20 à 40 personnes. Leur organisation est égalitaire : pas de système de chefs, mais de fortes obligations de partage, en particulier de la nourriture. Il n'existe pas non plus de frontières territoriales entre les groupes : chacun peut se déplacer librement dans le pays hadza, et les camps se recomposent au gré des saisons et des affinités.
Cette façon de vivre passionne les scientifiques, qui étudient les Hadzabe pour mieux comprendre l'alimentation, la santé et l'organisation sociale de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs.
Une matinée avec les Hadzabe : comment se passe la visite
Une visite n'est pas un spectacle, mais une immersion dans le quotidien. Elle se prépare la veille, avec une nuit au lac Eyasi.
- Départ avant l'aubeVers 6 h
Rejoindre le camp avec un guide local qui parle hadzane ou swahili, et assister au réveil autour du feu.
- La chasse matinaleMatin
Suivre les chasseurs dans la brousse, en silence, et observer le pistage des animaux.
- Arcs, flèches et feuFin de matinée
Découvrir la fabrication des flèches, s'essayer au tir à l'arc et à l'allumage du feu par friction.
- Cueillette et échangesAvant midi
Accompagner la cueillette des tubercules et des baies, puis prendre le temps d'échanger avant de repartir.
Bon à savoir : la marche peut durer plusieurs heures dans une brousse chaude et épineuse. Chaussures fermées, chapeau et eau sont indispensables : voir comment s'habiller pour un safari.
La rencontre avec les Hadzabe en vidéo
Découvrez en images une matinée avec les Hadzabe, filmée lors d'un de nos voyages : la chasse à l'arc, le feu allumé par friction et la vie du camp au bord du lac Eyasi.
Un peuple menacé : la question des terres
Au cours des cinquante dernières années, les Hadzabe ont perdu environ 90 % de leurs terres, grignotées par l'agriculture, le pâturage et les aménagements. Or, sans territoire, pas de chasse ni de cueillette.
Des initiatives existent : en 2011, la communauté s'est associée à une entreprise sociale pour valoriser la protection de quelque 32 000 hectares de forêts communautaires grâce au marché du carbone, un projet ensuite étendu avec les éleveurs datoga voisins. Ce modèle a toutefois suscité des critiques sur sa durabilité et sur la participation réelle des Hadzabe aux décisions, comme le détaille l'organisation Minority Rights Group.
Rencontrer les Hadzabe de façon éthique
Une rencontre ne doit jamais être une attraction. C'est pourquoi il est préférable de passer par une agence locale qui travaille directement avec la communauté et s'assure que les revenus du tourisme lui reviennent. Retrouvez nos principes dans notre article sur le voyage responsable en Tanzanie.
Voyagez en petit groupe
Moins de visiteurs, c'est moins d'intrusion et plus de véritables échanges.
Demandez avant de photographier
Un regard, un geste : le consentement passe avant la photo.
Refusez toute mise en scène
Une bonne visite suit le rythme réel du camp, pas un programme touristique.
Ne distribuez rien sans conseil
Ni bonbons, ni alcool, ni argent aux enfants : demandez à votre guide comment contribuer utilement.
Infos pratiques : lac Eyasi et itinéraire
Où ?
Autour du lac Eyasi, au sud-ouest de Karatu, en bordure de la zone du cratère du Ngorongoro.
Quand ?
Toute l'année ; la saison sèche, de juin à octobre, facilite les marches dans la brousse.
Combien de temps ?
Une nuit au lac Eyasi et une matinée avec les Hadzabe.
Et aussi
Sur les rives du lac vivent aussi les Datoga, éleveurs et forgerons, que l'on peut rencontrer lors du même séjour.
Découvrez aussi d'autres rencontres culturelles : les Maasaï, présentés dans nos 10 incontournables de la Tanzanie, et les villages autour du lac Natron.
Une rencontre que l'on n'oublie pas
Nous intégrons la rencontre avec les Hadzabe à votre safari privé, avec des guides locaux qui connaissent la communauté et une approche respectueuse. Découvrez pourquoi voyager avec nous.
Découvrir notre safari privéSources et liens pour aller plus loin
Des organisations et références qui étudient et défendent les Hadzabe.
- Droits des peuplesSurvival International : les HadzaMode de vie, miel et menaces sur leurs terres.
- Droits des minoritésMinority Rights GroupTerres, projets communautaires et enjeux actuels.
- CommunautéHadza FundTerritoire, camps et vie quotidienne.
- RéférenceWikipédia : le peuple hadzaHistoire, population et génétique.
- LinguistiqueWikipédia : la langue hadzaUn isolat classé vulnérable par l'UNESCO.
- UNESCOZone de conservation du NgorongoroOlduvai et le berceau de l'humanité, tout proches.
Questions fréquentes sur les Hadzabe
Qui sont les Hadzabe ?
Les Hadzabe, ou Hadza, sont un peuple d'environ 1 300 personnes vivant autour du lac Eyasi, dans le nord de la Tanzanie. Ils comptent parmi les derniers chasseurs-cueilleurs d'Afrique et parlent le hadzane, une langue à clics sans lien connu avec aucune autre.
Où vivent les Hadzabe ?
Autour du lac Eyasi et dans la vallée de Yaeda, dans la vallée du Grand Rift, non loin du cratère du Ngorongoro et du Serengeti.
Combien reste-t-il de Hadzabe ?
On estime leur nombre entre 1 000 et 1 500 personnes environ. Seule une partie d'entre eux, quelques centaines, vit encore presque entièrement de la chasse et de la cueillette.
Peut-on visiter les Hadzabe de façon éthique ?
Oui, si la visite est organisée avec la communauté, en petit groupe, sans mise en scène, et si les revenus leur reviennent directement. Passer par une agence locale qui travaille avec eux dans la durée est essentiel.
Comment se passe une visite chez les Hadzabe ?
Elle commence généralement à l'aube : on accompagne les chasseurs, on découvre la fabrication des arcs et des flèches, la cueillette et l'allumage du feu par friction. Une nuit au lac Eyasi est nécessaire pour arriver à temps.
Quelle langue parlent les Hadzabe ?
Le hadzane, une langue à clics considérée comme un isolat linguistique, c'est-à-dire sans parenté démontrée avec aucune autre langue. La plupart des Hadzabe parlent aussi le swahili.

